| -Je te dis qu'il y a quelques chose à gratter dans ce coin là. La situation est trop radicale pour être normale. Les explications sont à trouver et tu vas aller regarder ça de plus près. T'es le roi des fouilles merde, personne dans la maison ne t'égale dans cet exercice. Il n'y a aucun autre gars que je peux envoyer sur cette affaire. Crois moi, c'est pas du tout cuit. Dés qu'on touche à ces gus-là, on marche sur des ufs. -J'crois que tu te fourres le doigt dans l'il, et jusqu'au coude. Ce village, c'est rien qu'un coin paumé à deux pas de nulle part peuplés d'une bande de culs terreux qui ne sont jamais sortis du sillon de leur charrue. -Mets pas trop de mauvaise volonté dans tout ça. Je sais bien que c'est le trou du cul du monde, et qu't'as pas très envie de mettre les pieds là-bas. Mais moi je flaire un truc, c'est pas normal qu'un village tout entier ou presque se mette à voter pour le Front National. Aux dernières élections, c'était plutôt balancé, grosso modo un tiers à gauche, un tiers au centre, un tiers à droite. Et là, d'un coup, 80 % pour l'extrême droite. C'est pas normal. -Trop de télé, voilà mon avis. Partout on parle du FN, partout on leur dit que ça monte, que les gens votent de plus en plus pour l'extrême droite. Ils ne se cachent plus, ils n'ont plus honte. Ils ont déjà oublié le nazisme. -Eh! T'es journaliste, alors ce genre de discours, tu le garde pour quand tu passeras à la télé, dans les émissions où on ne dit rien, en donnant l'impression de parler des problèmes. Tu sais très bien que la montée de l'extrême droite à été pensée par certains que ça arrangeait bien. Ce parti là ne s'est pas fait tous seul, tu penses bien. Si les votes FN avaient augmenté progressivement à chaque élections, ok, sans intérêt, mais là de 7% on passe à 80%, il s'est forcément passé quelque chose. Alors tu pars ce soir. -Ca peut pas attendre lundi? -Écoute, je sais que tu viens de rencontrer une fille; t'as plutôt tendance à traîner des pieds ces derniers temps. T'as qu'à l'emmener avec toi, c'est joli le Béarn. -Mon cul, c'est sympa aux beaux jours, en ce moment, c'est humide, c'est froid, ça me fait chier d'y aller. -Bon voyage, Marco.
JC.L
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