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J'avais lu ça un jour, je ne sais plus où. Un jour. Pas follichon comme perspective, mais bon, j'avais pas matière à contredire. Marie m'avait lâché le matin même, ou peut-être m'avait-elle filé entre les doigts, ou même encore, c'est moi qui l'avais perdue. Enfin elle était plus là. Je me souviens de notre rencontre.
Soirée prout prout, chiante à mourir et plantée
là comme une fleur en plein désert : Marie. Tu
ne la connais pas? Alors comment peux-tu parler d'amour? J'ai
marché vers elle et je lui ai dit qu'elle brillait au
milieu des autres filles, que j'étais ébloui, que
j'aimerais la revoir, qu'on était à l'aube d'une
grande histoire. Des banalités. Moi, j'étais plutôt
du genre qu'on remarque quand tout le monde est parti. Et je
continuais ma déclaration débile. |
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"Mais il n'existe
rien entre nous." Mais Marie m'avait lâché
le matin même. J'avais traîné toute la journée,
de bar en bar. J'avais commencé en douceur à la
bière sur les coups de neuf heures. A huit heures, elle
allait partir au travail, comme tous les matins. Où peut
être m'a-t-elle filé entre les doigts. Elle m'a
dit "je m'en vais", alors je suis venu dans l'entrée
pour l'embrasser. Comme tous les matins. Elle avait son gros
sac, celui des voyages. |
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J'ai enchaîné
sur du pastis. J'avais besoin de soleil. C'est meilleur à
boire, mais c'est plus dur à vomir. A cause de l'anis
qui vous remonte dans les narines et dont l'odeur vous quitte
plus. Alors je suis passé à plus fort. Gin, car
Marie m'avait lâché le matin même. Quand le
bar a fermé, le patron m'a poussé à l'extérieur.
Avec les poubelles. Ou peut-être m'avait-elle filé
entre les doigts. Un type est passé avec sa nana. Ils
s'embrassaient et rigolaient. Il venait de la lever, ça
faisait pas un pli. Alors je lui ai lancé : Je suis rentré. Je sentais le caniveau. J'ai senti monter les vomissements et je me suis jeté dans les chiottes pour un interminable dialogue avec la faïence. |