Son style est précis, pragmatique,
sans digression. D'une plume acérée, Maud Tabachnik écrit
pour son lecteur. Elle se plait à le manipuler, le balader dans
des endroits où il ne fait pas bon mettre les pieds. Jamais elle
ne se met en avant, privilégiant toujours son récit. Et
ça marche. Elle fait partie aujourd'hui des best-sellers du roman
policier.
Pour autant, Maud tabachnik ne s'efface pas derrière une recette
efficace. Un petit vent libertaire souffle sur ses romans, et le mauvais
esprit est souvent présent. Ses polars se déroulent pour
la plupart aux Etats-Unis, mais Maud Tabachnik fait bien partie des
grands auteurs du roman noir français, avec des influences revendiquées
par l'auteur elle-même de Block, Chase, Caïn, loin d'Agatha
Christie ou de P.D. James.
Malgré une arrivée tardive sur la scène éditoriale(
elle publie sont premier roman en 1991 après avoir exercé
pendant 17 ans le métier de kinésithérapeute),
Maud Tabachnik a déjà une vingtaine de romans à
son actif, dont une bonne partie chez Viviane Hamy (Un été
pourri, La mort quelque part, Gémeaux,
). Maud Tabachnik
est une boulimique d'écriture qui dit-elle " n'a pas vocation
de traitement, mais lui est devenue indispensable ". Pour preuve
de sa productivité, ses trois derniers romans parus en 2001 et
2002 : Le cinquième jour (Albin Michel, 2001), Mauvais frères
(Albin Michel, 2002), La haine vous appartient (Le Masque, 2002).
Dans ce dernier roman paru, Maud Tabachnik quitte les Etats-Unis, théâtre
habituel de ses explorations des dysfonctionnements psychologiques des
serial killers, pour un polar bien français qui prend sa source
dans la période de l'occupation allemande. Des comptes restent
à régler de ce côté-là
Jean-Claude Lalumière
ANTIDATA