antidata n°10 - la veille



 

 

" Tu ne dis rien que ton souffle sur ma peau insufflé qui donne chaire à
notre amour ta joue s'approche de mon épaule pour s'y caler
nous sommes deux objets célestes en alunissage flottant dans cette chambre
qui tourne autour d'une ville qui tourne autour du monde assis l'un
A l'autre en attraction réciproque
Notre gravité nous fait sourire rire se rapprocher encore pour se soutenir
car nous rions tellement que nous en perdons l'équilibre
l'équilibre du monde en est ébranlé
pensée mouvante l'idée de la présence au corps touché ta respiration sur ma
peau nos mains nos doigts se croisent maintenant pour se raccrocher au rire
de l'autre
fou rire
conjugué
désarmant
et puis d'une seule poussée tes deux bras me transforment en projectile
je tombe grognon étourdi
et toi
surplombant le mouvement
collé à mes hanches
dessus
tu ne joues plus
tes yeux cherchent les miens
rien d'autre que ton désir
et ta proie à subjuguer

La veille encore je ne te connaissais pas."


JA.S