antidata n°10 - la veille



 

 

Petra n'a plus rien dans ses placards et elle a faim. En sortant de son immeuble pour aller à l'épicerie, elle cogne contre une petite chose.
Elle se penche et découvre une femme minuscule, squelettique, grelottant de froid qui se colle à la porte pour ne pas sentir le vent glacial. Celle-ci lui renvoie un regard apeuré redoutant d'être rejetée dans l'hiver. Petra la dévisage, cligne des yeux, d'abord ébahie puis éblouie. Sa bouche s'ouvre, son cœur se met à palpiter. C'est elle, se dit-elle. C'est elle, elle est pour moi ! ! Depuis toujours, je l'attends : elle, la femme de mes rêves ! Elle est là sur le seuil, presque venue sonner à ma porte, me chercher dans ma chambre.
Aussitôt elle la tire par la main. La pauvre créature la suit d'un air hagard. Petra la soulève avec sa couverture glacée et la porte de l'ascenseur à chez elle.
Arrivée dans la salle de bain, elle lui annonce :
- Chloé, je vais te laver. Ça va te réchauffer ! Je vais m'occuper de toi, maintenant !
La femme opine, fatiguée. Petra la déshabille : elle lui retire sa couverture et découpe les couches superposées de ses haillons qu'elle jette aussitôt dans un grand sac poubelle. La jeune femme a le corps d'un moineau déplumé : elle est rachitique. Avec son index et son pouce, Petra fait le tour de ses bras. Elle a les larmes aux yeux d'émotion. Chloé est si fragile, si maigre. Elle va s'occuper d'elle, la nourrir. Elle la soulève délicatement et la pose dans la baignoire. Elle l'asperge d'eau chaude. Chloé ne tremble plus. Petra enfile un gant et la savonne. Le jet d'eau enlève une bonne partie de la saleté. Elle frotte vigoureusement tout le corps, la shampouine et révèle ainsi une adorable blonde, de petite taille, aux cheveux longs. Sa peau qui était recouverte de halos violets à cause du froid présente maintenant un blanc virginal où seuls les os transparaissent, comme des bijoux scintillants dans l'océan. Ses seins éclosent en pointes roses. Son pubis est une colline recouverte de buissons automnaux, d'arbrisseaux en attente de la brise salutaire pour se renforcer. Cette femme est à elle.
Petra se réjouit intérieurement, remplit la baignoire à moitié tout en se déshabillant. Elle rejoint Chloé dans l'eau. Elle la fixe dans les yeux. Le désir électrise les pupilles. Ses paupières sont lourdes, ses lèvres sèches s'humidifient, sa bouche se colle enfin à celle de Chloé et le moelleux, la chaleur qui sort de cette minuscule ouverture, à peine dessinée, la ravit. Son ventre chauffe. Elle est prise dans un vertige de sensations. Elle lui lèche les lèvres, les entrouvre, se frotte à ses dents, lape comme si elle savourait un esquimau avant de s'enfoncer au fond de la gorge, de tournoyer et de revenir à la surface. Petra retire sa langue et respire bruyamment. Le trouble lui fait perdre pied. Elle est totalement éprise. Brusquement, sa tête plonge vers le bas et s'arrête devant ce temple divin. Il est d'une beauté suffocante. Petra est attendrie, elle lui cherche déjà un petit nom. Les poils blonds sont regroupés en une touffe frisottante au bas du ventre qui laisse voir des lèvres entrouvertes, tendrement fripées, désireuses de se montrer, d'être tripotées. Petra lèche entièrement la vulve remontant de bas en haut. Un goût de beurre s'écoule le long de sa langue. Elle ferme les yeux puis les rouvre et s'émeut encore une fois devant ce triangle blond. Sa langue aspire les lèvres puis les écarte pour caresser cette peau rosée si fragile. Chloé sursaute, soulève le ventre hors de l'eau et ouvre encore plus les jambes qu'elle pose sur les rebords. Petra savoure ce feuilleté et remonte jusqu'au bonbon. Elle l'embrasse, le contourne, effleure la racine puis redescend pour y mettre à plat sa langue. Son nez est plongé dans la chicorée frisée et respire profondément cette odeur si douce et chaleureuse. Yeux fermés, elle lèche, suce puis glisse sa langue dans le vagin. Chloé gémit sans arrêt incitant Petra à continuer. Celle-ci s'efforce de donner des coups de langue de plus en plus variés et rapides. Chloé hurle, se contracte et tressaille dans la baignoire. Petra reste la bouche collée à sa motte mais d'une main affectueuse, retient la tête de Chloé pour éviter qu'elle se cogne contre l'émail.
Elle l'aime. Elle sent qu'elle a envie d'elle, de s'occuper d'elle. Petra la sort de la baignoire, l'essuie puis la porte dans ses bras. Elle la dépose sur le lit puis elle lui enfile un pyjama de soie, la recouvre d'une épaisse couette et la regarde s'endormir. Elle s'allonge à ses côtés, l'enlace et plonge elle-aussi dans le sommeil avec cette chose recroquevillée contre son ventre. Elle se réveille pour se lever aussitôt sans faire de bruit et sortir faire les courses. Elle doit la nourrir. Durant le trajet du retour, elle jubile à l'idée de la retrouver. Elle l'a perdue de vue depuis une demi-heure et elle lui manque déjà. Son ventre la tiraille. Si elle pouvait, elle se mettrait à courir mais ses cabas sont trop lourds. Elle l'imagine allongée en chien de fusil comme un petit animal ; son minuscule visage à peine posé sur l'oreiller lequel reste gonflé, pas même déformé par son poids.

Elle pousse la porte et la retrouve. Elle range ses provisions puis commence à cuisiner. Chloé se réveille. Petra lui propose des gâteaux préparés avec soin : clafoutis aux cerises, cakes aux noix et aux pruneaux, tartes aux pommes, du jus d'orange et glisse dans sa bouche les mets sucrés. Chloé mâche sagement et engloutit tout sans sourciller. Elle se rendort. Au déjeuner, elle rouvre les yeux, son nez palpite. Elle sent l'arôme d'un plat en sauce, épicé, et se pourlèche. Elle avale tout ce que la cuisinière lui prépare. Petra retire son tablier et vient s'allonger à ses côtés. Elle respire toujours avec autant de difficulté devant le regard de Chloé. Même après tout ce temps passé avec elle, elle contrôle mal son émotion. Elle se mordille le coin de la lèvre. Son désir est si intense qu'elle ne sait comment l'apaiser. Elle frotte son visage contre les joues de Chloé qui sont devenues tendres comme des madeleines. Ses mains glissent le long du corps et le caressent. Petra s'arrête aux seins. Ils sont chauds et s'adaptent parfaitement à ses paumes. Elle les compresse doucement et, de ses doigts, titille les mamelons. Ils sont sensibles. Chloé commence à gémir, ferme les yeux et tend le buste. Les mains bien à plat sillonnent tout le corps à la recherche de la moindre sensation épidermique et les doigts tiraillent, par-ci, par-là, la chair. Les os sont moins apparents. La peau transparente est devenue laiteuse. Chloé a grossi. Elle est délicieuse. Petra va continuer à s'occuper d'elle. Elle descend ses doigts sur le bas-ventre et caresse le pubis. Ils s'entremêlent dans les poils et branlent le bouton. Chloé se cambre. Petra sent la petite aspérité qui gonfle sous le frottement et le pince légèrement de son index. La vulve mouille et sa main descend recueillir la liqueur pour remonter sur le clitoris avec plus d'entrain. Chloé se laisse faire en haletant. Finalement, les doigts glissent dans le vagin. Ils cherchent la chaleur du fond puis vont et viennent contre la partie antérieure, courbe et granuleuse. Petra se sent si tendre. Elle aimerait glisser sa tête dans l'antre, lui témoigner encore plus de douceur, de passion. Chloé expire fortement et lève son bassin de plus en plus haut. Petra accélère le rythme et fixe les yeux bleu turquoise qui chavirent. Ils se ferment puis le blanc apparaît sous le flottement des cils. Petra devine un frisson remonter le long de son corps à la contemplation du regard renversé et humide de Chloé. Elles jouissent en même temps, des flux les recouvrent et inondent la main de Petra. Celle-ci en renifle l'arôme tout en y donnant un coup de langue: ça sent la patate fraîche, à peine épluchée. Chloé est un petit aliment, si exquis.

Petra cuisine sans cesse. Elle est amoureuse et se sent heureuse. Elle prépare à manger pour sa bien-aimée. Chloé grossit de jour en jour. Ses jambes jadis fluettes et translucides ont l'aspect d'un traversin recouvert d'une taie rose. Sa chair est rebondie de partout. Ses joues sont débordantes et rendent ses yeux encore plus petits comme de minces fentes qui s'ouvrent et laissent entrevoir un ciel bleu.
Petra n'entend et ne voit que Chloé. Son léger ronflement lorsqu'elle dort est le bruit le plus attendrissant qu'elle connaisse. C'est le souffle de la vie. Elle s'approche alors d'elle et tente de goûter son haleine en effleurant ses lèvres. Même la coulée de bave l'émeut. Son ventre est sans cesse ardent comme si ses ovaires se tordaient. Elle brûle et Chloé dort si bien. Avant celle-ci flottait quasiment au-dessus du lit mais maintenant le matelas a reçu l'empreinte de son corps magistral. Petra ressort pour remplir le réfrigérateur. Elle revient rapidement, impatiente de la revoir. Chloé dort encore. Elle se met à cuisiner et la réveille pour lui offrir une collation. Une tartine de chocolat qui fond dans sa bouche. Chloé mâchouille en souriant, a un hoquet puis se recouche. Petra plonge sous la couette et se roule sur elle. Les plis du ventre potelé sont un refuge où elle enfouit son visage. Chloé est devenue énorme. Toute sa chair respire la volupté et le bien-être. Elle ouvre instantanément la bouche pour la nourriture ou pour les baisers de Petra et elle ferme à moitié les yeux, prête à se pâmer. Les seins gonflés ballottent sous son nez. Petra les prend dans ses mains. Ils dépassent et tombent. Elle les malaxe majestueusement. Chloé soupire. Petra tire sur les mamelons, y attache des pinces et Chloé la fixe toujours avec un sourire d'assentiment à travers ses paupières entrouvertes. Petra s'échauffe. Ses gros seins l'excitent. Elle glisse une chaîne entre les pinces et la tire avec ses dents. Chloé se crispe et commence à écarter ses jambes. Ce n'est pas aussi évident qu'au début, ses cuisses sont maintenant lourdes mais la chair est un matelas de tendresse. Petra lâche la chaîne et mord le haut de la cuisse. Elle mordille aussi l'aine et le ventre. Ce dernier est dodu comme celui d'une femme enceinte. Elle le cogne de sa tête tentant de le rompre, d'y entrer et de se noyer dans cette chaleur immense. Sa bouche remonte et va lécher les aisselles. Ça sent l'acidité des grosses. Ça picote. Petra sent son clitoris palpiter plus vite que son cœur. Elle passe la main sur la vulve de Chloé, elle aussi mouille déjà et a les yeux fermés. Petra a envie d'être totalement dans cette chair, au fond, dans le chaud, d'être happée et perdue. Elle enfile un harnais avec un godemiché et s'enfonce doucement en Chloé. Elle lui relève les jambes et tandis qu'elle donne des coups au fond du vagin, elle voit la graisse se balancer. Ça l'excite encore plus et elle tient fermement les cuisses dans ses poings serrés. Chloé gémit en tentant d'écarter encore plus les fesses. Petra ralentit le rythme et s'allonge sur elle. Son corps est entièrement dessus, même ses pieds ne touchent plus le lit. Ce corps est si chaud, si accueillant. Petra est contente de si bien s'occuper de Chloé et celle-ci le lui rend si gentiment en accueillant ses doigts, sa langue, son nez, son godemiché. Elles s'aiment. Elle jouit du frottement du harnais et se plonge dans les yeux de Chloé qui se révulsent de plaisir. Oh, elle l'aime tellement !

Chloé a si bon appétit que les lattes du sommier se sont cassées sous son poids. Elle s'étale maintenant en remplissant la chambre dans sa quasi- totalité. Petra, qui ne peut rester qu'accollée à ses fourneaux, a les narines qui frémissent devant cette créature splendide qu'elle va nourrir. L'eau finit de bouillir. Une platrée de pâtes aromatisées à la sauce tomate et au basilic se déverse dans la bouche de Chloé et elle la mastique paisiblement. Petra s'échauffe et fixe en salivant les gigantesques orteils devant elle. S'agrippant au mollet de Chloé à l'aide de ses deux bras, elle empale son pubis sur un des quarante membres nouvellement apparus et se meut au rythme des machonnements de Chloé. Prise de frénésie, Petra enfonce sa tête dans le vagin colossal. Une saveur acide s'engouffre alors dans ses oreilles, des spasmes broient délicieusement la viande crue la comprimant comme dans un étau jusqu'à ce que Petra soit aspirée toujours plus loin, entièrement.

C.M