Petra n'a
plus rien dans ses placards et elle a faim. En sortant de son immeuble
pour aller à l'épicerie, elle cogne contre une petite
chose.
Elle se penche et découvre une femme minuscule, squelettique,
grelottant de froid qui se colle à la porte pour ne pas sentir
le vent glacial. Celle-ci lui renvoie un regard apeuré redoutant
d'être rejetée dans l'hiver. Petra la dévisage,
cligne des yeux, d'abord ébahie puis éblouie. Sa bouche
s'ouvre, son cur se met à palpiter. C'est elle, se dit-elle.
C'est elle, elle est pour moi ! ! Depuis toujours, je l'attends : elle,
la femme de mes rêves ! Elle est là sur le seuil, presque
venue sonner à ma porte, me chercher dans ma chambre.
Aussitôt elle la tire par la main. La pauvre créature la
suit d'un air hagard. Petra la soulève avec sa couverture glacée
et la porte de l'ascenseur à chez elle.
Arrivée dans la salle de bain, elle lui annonce :
- Chloé, je vais te laver. Ça va te réchauffer
! Je vais m'occuper de toi, maintenant !
La femme opine, fatiguée. Petra la déshabille : elle lui
retire sa couverture et découpe les couches superposées
de ses haillons qu'elle jette aussitôt dans un grand sac poubelle.
La jeune femme a le corps d'un moineau déplumé : elle
est rachitique. Avec son index et son pouce, Petra fait le tour de ses
bras. Elle a les larmes aux yeux d'émotion. Chloé est
si fragile, si maigre. Elle va s'occuper d'elle, la nourrir. Elle la
soulève délicatement et la pose dans la baignoire. Elle
l'asperge d'eau chaude. Chloé ne tremble plus. Petra enfile un
gant et la savonne. Le jet d'eau enlève une bonne partie de la
saleté. Elle frotte vigoureusement tout le corps, la shampouine
et révèle ainsi une adorable blonde, de petite taille,
aux cheveux longs. Sa peau qui était recouverte de halos violets
à cause du froid présente maintenant un blanc virginal
où seuls les os transparaissent, comme des bijoux scintillants
dans l'océan. Ses seins éclosent en pointes roses. Son
pubis est une colline recouverte de buissons automnaux, d'arbrisseaux
en attente de la brise salutaire pour se renforcer. Cette femme est
à elle.
Petra se réjouit intérieurement, remplit la baignoire
à moitié tout en se déshabillant. Elle rejoint
Chloé dans l'eau. Elle la fixe dans les yeux. Le désir
électrise les pupilles. Ses paupières sont lourdes, ses
lèvres sèches s'humidifient, sa bouche se colle enfin
à celle de Chloé et le moelleux, la chaleur qui sort de
cette minuscule ouverture, à peine dessinée, la ravit.
Son ventre chauffe. Elle est prise dans un vertige de sensations. Elle
lui lèche les lèvres, les entrouvre, se frotte à
ses dents, lape comme si elle savourait un esquimau avant de s'enfoncer
au fond de la gorge, de tournoyer et de revenir à la surface.
Petra retire sa langue et respire bruyamment. Le trouble lui fait perdre
pied. Elle est totalement éprise. Brusquement, sa tête
plonge vers le bas et s'arrête devant ce temple divin. Il est
d'une beauté suffocante. Petra est attendrie, elle lui cherche
déjà un petit nom. Les poils blonds sont regroupés
en une touffe frisottante au bas du ventre qui laisse voir des lèvres
entrouvertes, tendrement fripées, désireuses de se montrer,
d'être tripotées. Petra lèche entièrement
la vulve remontant de bas en haut. Un goût de beurre s'écoule
le long de sa langue. Elle ferme les yeux puis les rouvre et s'émeut
encore une fois devant ce triangle blond. Sa langue aspire les lèvres
puis les écarte pour caresser cette peau rosée si fragile.
Chloé sursaute, soulève le ventre hors de l'eau et ouvre
encore plus les jambes qu'elle pose sur les rebords. Petra savoure ce
feuilleté et remonte jusqu'au bonbon. Elle l'embrasse, le contourne,
effleure la racine puis redescend pour y mettre à plat sa langue.
Son nez est plongé dans la chicorée frisée et respire
profondément cette odeur si douce et chaleureuse. Yeux fermés,
elle lèche, suce puis glisse sa langue dans le vagin. Chloé
gémit sans arrêt incitant Petra à continuer. Celle-ci
s'efforce de donner des coups de langue de plus en plus variés
et rapides. Chloé hurle, se contracte et tressaille dans la baignoire.
Petra reste la bouche collée à sa motte mais d'une main
affectueuse, retient la tête de Chloé pour éviter
qu'elle se cogne contre l'émail.
Elle l'aime. Elle sent qu'elle a envie d'elle, de s'occuper d'elle.
Petra la sort de la baignoire, l'essuie puis la porte dans ses bras.
Elle la dépose sur le lit puis elle lui enfile un pyjama de soie,
la recouvre d'une épaisse couette et la regarde s'endormir. Elle
s'allonge à ses côtés, l'enlace et plonge elle-aussi
dans le sommeil avec cette chose recroquevillée contre son ventre.
Elle se réveille pour se lever aussitôt sans faire de bruit
et sortir faire les courses. Elle doit la nourrir. Durant le trajet
du retour, elle jubile à l'idée de la retrouver. Elle
l'a perdue de vue depuis une demi-heure et elle lui manque déjà.
Son ventre la tiraille. Si elle pouvait, elle se mettrait à courir
mais ses cabas sont trop lourds. Elle l'imagine allongée en chien
de fusil comme un petit animal ; son minuscule visage à peine
posé sur l'oreiller lequel reste gonflé, pas même
déformé par son poids.
Elle pousse
la porte et la retrouve. Elle range ses provisions puis commence à
cuisiner. Chloé se réveille. Petra lui propose des gâteaux
préparés avec soin : clafoutis aux cerises, cakes aux
noix et aux pruneaux, tartes aux pommes, du jus d'orange et glisse dans
sa bouche les mets sucrés. Chloé mâche sagement
et engloutit tout sans sourciller. Elle se rendort. Au déjeuner,
elle rouvre les yeux, son nez palpite. Elle sent l'arôme d'un
plat en sauce, épicé, et se pourlèche. Elle avale
tout ce que la cuisinière lui prépare. Petra retire son
tablier et vient s'allonger à ses côtés. Elle respire
toujours avec autant de difficulté devant le regard de Chloé.
Même après tout ce temps passé avec elle, elle contrôle
mal son émotion. Elle se mordille le coin de la lèvre.
Son désir est si intense qu'elle ne sait comment l'apaiser. Elle
frotte son visage contre les joues de Chloé qui sont devenues
tendres comme des madeleines. Ses mains glissent le long du corps et
le caressent. Petra s'arrête aux seins. Ils sont chauds et s'adaptent
parfaitement à ses paumes. Elle les compresse doucement et, de
ses doigts, titille les mamelons. Ils sont sensibles. Chloé commence
à gémir, ferme les yeux et tend le buste. Les mains bien
à plat sillonnent tout le corps à la recherche de la moindre
sensation épidermique et les doigts tiraillent, par-ci, par-là,
la chair. Les os sont moins apparents. La peau transparente est devenue
laiteuse. Chloé a grossi. Elle est délicieuse. Petra va
continuer à s'occuper d'elle. Elle descend ses doigts sur le
bas-ventre et caresse le pubis. Ils s'entremêlent dans les poils
et branlent le bouton. Chloé se cambre. Petra sent la petite
aspérité qui gonfle sous le frottement et le pince légèrement
de son index. La vulve mouille et sa main descend recueillir la liqueur
pour remonter sur le clitoris avec plus d'entrain. Chloé se laisse
faire en haletant. Finalement, les doigts glissent dans le vagin. Ils
cherchent la chaleur du fond puis vont et viennent contre la partie
antérieure, courbe et granuleuse. Petra se sent si tendre. Elle
aimerait glisser sa tête dans l'antre, lui témoigner encore
plus de douceur, de passion. Chloé expire fortement et lève
son bassin de plus en plus haut. Petra accélère le rythme
et fixe les yeux bleu turquoise qui chavirent. Ils se ferment puis le
blanc apparaît sous le flottement des cils. Petra devine un frisson
remonter le long de son corps à la contemplation du regard renversé
et humide de Chloé. Elles jouissent en même temps, des
flux les recouvrent et inondent la main de Petra. Celle-ci en renifle
l'arôme tout en y donnant un coup de langue: ça sent la
patate fraîche, à peine épluchée. Chloé
est un petit aliment, si exquis.
Petra cuisine
sans cesse. Elle est amoureuse et se sent heureuse. Elle prépare
à manger pour sa bien-aimée. Chloé grossit de jour
en jour. Ses jambes jadis fluettes et translucides ont l'aspect d'un
traversin recouvert d'une taie rose. Sa chair est rebondie de partout.
Ses joues sont débordantes et rendent ses yeux encore plus petits
comme de minces fentes qui s'ouvrent et laissent entrevoir un ciel bleu.
Petra n'entend et ne voit que Chloé. Son léger ronflement
lorsqu'elle dort est le bruit le plus attendrissant qu'elle connaisse.
C'est le souffle de la vie. Elle s'approche alors d'elle et tente de
goûter son haleine en effleurant ses lèvres. Même
la coulée de bave l'émeut. Son ventre est sans cesse ardent
comme si ses ovaires se tordaient. Elle brûle et Chloé
dort si bien. Avant celle-ci flottait quasiment au-dessus du lit mais
maintenant le matelas a reçu l'empreinte de son corps magistral.
Petra ressort pour remplir le réfrigérateur. Elle revient
rapidement, impatiente de la revoir. Chloé dort encore. Elle
se met à cuisiner et la réveille pour lui offrir une collation.
Une tartine de chocolat qui fond dans sa bouche. Chloé mâchouille
en souriant, a un hoquet puis se recouche. Petra plonge sous la couette
et se roule sur elle. Les plis du ventre potelé sont un refuge
où elle enfouit son visage. Chloé est devenue énorme.
Toute sa chair respire la volupté et le bien-être. Elle
ouvre instantanément la bouche pour la nourriture ou pour les
baisers de Petra et elle ferme à moitié les yeux, prête
à se pâmer. Les seins gonflés ballottent sous son
nez. Petra les prend dans ses mains. Ils dépassent et tombent.
Elle les malaxe majestueusement. Chloé soupire. Petra tire sur
les mamelons, y attache des pinces et Chloé la fixe toujours
avec un sourire d'assentiment à travers ses paupières
entrouvertes. Petra s'échauffe. Ses gros seins l'excitent. Elle
glisse une chaîne entre les pinces et la tire avec ses dents.
Chloé se crispe et commence à écarter ses jambes.
Ce n'est pas aussi évident qu'au début, ses cuisses sont
maintenant lourdes mais la chair est un matelas de tendresse. Petra
lâche la chaîne et mord le haut de la cuisse. Elle mordille
aussi l'aine et le ventre. Ce dernier est dodu comme celui d'une femme
enceinte. Elle le cogne de sa tête tentant de le rompre, d'y entrer
et de se noyer dans cette chaleur immense. Sa bouche remonte et va lécher
les aisselles. Ça sent l'acidité des grosses. Ça
picote. Petra sent son clitoris palpiter plus vite que son cur.
Elle passe la main sur la vulve de Chloé, elle aussi mouille
déjà et a les yeux fermés. Petra a envie d'être
totalement dans cette chair, au fond, dans le chaud, d'être happée
et perdue. Elle enfile un harnais avec un godemiché et s'enfonce
doucement en Chloé. Elle lui relève les jambes et tandis
qu'elle donne des coups au fond du vagin, elle voit la graisse se balancer.
Ça l'excite encore plus et elle tient fermement les cuisses dans
ses poings serrés. Chloé gémit en tentant d'écarter
encore plus les fesses. Petra ralentit le rythme et s'allonge sur elle.
Son corps est entièrement dessus, même ses pieds ne touchent
plus le lit. Ce corps est si chaud, si accueillant. Petra est contente
de si bien s'occuper de Chloé et celle-ci le lui rend si gentiment
en accueillant ses doigts, sa langue, son nez, son godemiché.
Elles s'aiment. Elle jouit du frottement du harnais et se plonge dans
les yeux de Chloé qui se révulsent de plaisir. Oh, elle
l'aime tellement !
Chloé
a si bon appétit que les lattes du sommier se sont cassées
sous son poids. Elle s'étale maintenant en remplissant la chambre
dans sa quasi- totalité. Petra, qui ne peut rester qu'accollée
à ses fourneaux, a les narines qui frémissent devant cette
créature splendide qu'elle va nourrir. L'eau finit de bouillir.
Une platrée de pâtes aromatisées à la sauce
tomate et au basilic se déverse dans la bouche de Chloé
et elle la mastique paisiblement. Petra s'échauffe et fixe en
salivant les gigantesques orteils devant elle. S'agrippant au mollet
de Chloé à l'aide de ses deux bras, elle empale son pubis
sur un des quarante membres nouvellement apparus et se meut au rythme
des machonnements de Chloé. Prise de frénésie,
Petra enfonce sa tête dans le vagin colossal. Une saveur acide
s'engouffre alors dans ses oreilles, des spasmes broient délicieusement
la viande crue la comprimant comme dans un étau jusqu'à
ce que Petra soit aspirée toujours plus loin, entièrement.
C.M